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Le maïs, né de la téosinte

Avant, une graminée sauvage de la vallée du Balsas ne portait que quelques graines dures ; après des milliers d'années de sélection par les peuples du Mexique, elle devint le maïs, aliment de base des civilisations des Amériques puis, après 1492, d'une grande partie du monde.

Datation
vers 7000 av. è. c.
Lieu
Near Iguala, Guerrero, Mexico · Premiers cultivateurs de la vallée centrale du Balsas, dans le sud-ouest du Mexique, et les agriculteurs de Mésoamérique après eux
Coordonnées
18° 20′ N · 99° 32′ W (approximatives)
Ce qu'il en reste
Intact
Trois épis posés les uns au-dessus des autres sur un fond rouge vif. En haut, un épi de téosinte, mince et court, fait d'une seule rangée de dures enveloppes vertes empilées comme des perles tressées. Au milieu, un hybride de téosinte et de maïs, plus long, avec plusieurs rangées de grains clairs encore à demi pris dans des enveloppes vertes. En bas, un épi de maïs moderne, épais et long, couvert de rangées serrées de grains nus et charnus, jaune pâle.L'image n'a pas pu être chargée.Image non enregistrée sur cet appareilLa voir sur la notice d'origine

John Doebley, CC BY 3.0, via Wikimedia CommonsCC-BY-3.0Notice d'origine

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Note de l'archiviste

Regardez l'épi du haut de l'image. Il est à peine long comme un doigt. Chacune de ses quelques graines est scellée dans une enveloppe si dure qu'une dent s'y briserait. Cette herbe, la téosinte, pousse encore à l'état sauvage sur les collines du fleuve Balsas, dans le sud-ouest du Mexique.

Il y a quelque neuf mille ans, des gens qui vivaient dans les forêts de cette vallée commencèrent à la récolter, à semer les graines qu'ils préféraient, à garder les plantes dont les graines se détachaient. Ils n'ont presque rien laissé que l'on puisse voir : seulement des grains d'amidon plus fins que la poussière, pris dans les fissures des pierres sur lesquelles ils la broyaient.

De génération en génération, l'enveloppe s'amollit, les rangées se multiplièrent, l'épi enfla. La plante du bas de l'image ne pouvait plus disperser elle-même ses graines. Elle dépendait tout entière des gens qui la cultivaient, et eux d'elle.

De cet échange naquirent les champs des Mayas, des Aztèques et des Andes, et, après 1492, une nourriture pour une grande partie du monde.

Établi

  • Une étude génétique de 264 plantes analysées sur 99 marqueurs microsatellites a conclu que tout le maïs est issu d'une domestication unique dans le sud du Mexique, il y a environ 9 000 ans (Matsuoka et al. 2002).
  • Son ancêtre sauvage est la téosinte du Balsas (Zea mays subsp. parviglumis), grande graminée originaire de la vallée du fleuve Balsas, dans le sud-ouest du Mexique (Smithsonian ; Matsuoka et al. 2002).
  • Des grains d'amidon et des phytolithes relevés sur des outils de pierre de l'abri sous roche de Xihuatoxtla, dans la vallée centrale du Balsas, montrent que le maïs y était présent il y a 8 700 ans en années calendaires, avec une courge domestiquée (Piperno et al. 2009 ; Ranere et al. 2009).
  • Les plus anciens épis de maïs connus, trouvés dans la grotte de Guilá Naquitz, dans l'Oaxaca, ont environ 6 250 ans en années calendaires (Piperno et Flannery 2001).
  • Une étude portant sur plus de 1 000 génomes a montré que le maïs moderne porte aussi une part d'ADN d'une seconde téosinte, celle des hautes terres (Zea mays subsp. mexicana), mêlée quelque 4 000 ans après le début de la domestication (Yang et al. 2023).

Interprétation

Pourquoi a-t-on d'abord cultivé la téosinte, dont les rares graines sont enfermées dans des enveloppes dures ? On en débat : pour son grain, pour le jus sucré de ses tiges, ou pour les deux. On étudie encore si la transformation s'est faite dans les basses terres, comme le suggèrent les données du Balsas, ou si elle s'est achevée dans les hautes terres, et quelle fut la part de la téosinte des hautes terres. L'ancienne hypothèse d'une seconde graminée sauvage, Tripsacum, à l'origine du maïs est largement abandonnée.

Dans 10 000 ans

Dans 10 000 ans, les plantes que nous avons façonnées garderont-elles la mémoire de ceux qui les ont choisies, grain après grain ?

Sources (6)
  1. Matsuoka, Y., Vigouroux, Y., Goodman, M. M., Sanchez G., J., Buckler, E., Doebley, J. A single domestication for maize shown by multilocus microsatellite genotyping. Proceedings of the National Academy of Sciences 99 (9), 2002, p. 6080-6084. · doi.org
  2. Piperno, D. R., Ranere, A. J., Holst, I., Iriarte, J., Dickau, R. Starch grain and phytolith evidence for early ninth millennium B.P. maize from the Central Balsas River Valley, Mexico. Proceedings of the National Academy of Sciences 106 (13), 2009, p. 5019-5024. · doi.org
  3. Ranere, A. J., Piperno, D. R., Holst, I., Dickau, R., Iriarte, J. The cultural and chronological context of early Holocene maize and squash domestication in the Central Balsas River Valley, Mexico. Proceedings of the National Academy of Sciences 106 (13), 2009, p. 5014-5018. · doi.org
  4. Piperno, D. R., Flannery, K. V. The earliest archaeological maize (Zea mays L.) from highland Mexico: new accelerator mass spectrometry dates and their implications. Proceedings of the National Academy of Sciences 98 (4), 2001, p. 2101-2103. · doi.org
  5. Yang, N., Wang, Y., Liu, X., et al. Two teosintes made modern maize. Science 382 (6674), 2023, eadg8940. · doi.org
  6. Smithsonian Institution. New research reveals the earliest evidence for corn in the New World, press release, March 2009. · www.si.edu

Image agrandie · RH-0071

Trois épis posés les uns au-dessus des autres sur un fond rouge vif. En haut, un épi de téosinte, mince et court, fait d'une seule rangée de dures enveloppes vertes empilées comme des perles tressées. Au milieu, un hybride de téosinte et de maïs, plus long, avec plusieurs rangées de grains clairs encore à demi pris dans des enveloppes vertes. En bas, un épi de maïs moderne, épais et long, couvert de rangées serrées de grains nus et charnus, jaune pâle.

John Doebley, CC BY 3.0, via Wikimedia CommonsCC-BY-3.0Notice d'origine