Le rhinocéros d'or de Mapungubwe, et la personne enterrée avec lui
- Datation
- Lieu
- Parc national de Mapungubwe, province du Limpopo, Afrique du Sud · Les dirigeants de Mapungubwe, moyenne vallée du Limpopo, XIIIe siècle
- Coordonnées
- 22° 12′ S · 29° 14′ E (approximatives)
- Ce qu'il en reste
- Reconstitué
Ce fragment montre des restes humains.
Il est montré ici tel que le présente l'institution qui le conserve. Des communautés qui lui sont liées demandent qu'on le regarde avec égard. Vous pouvez choisir de voir l'image, ou lire la notice sans elle.

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Sian Tiley-Nel, University of Pretoria Museums, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia CommonsCC-BY-SA-4.0Notice d'origine
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Note de l'archiviste
Au XIIIe siècle, quelqu'un prit de l'or battu plus mince qu'un ongle et le pressa sur un petit animal de bois sculpté, puis le fixa de minuscules clous d'or. Les oreilles et la petite queue furent faites à part, en or massif, et clouées ensuite. C'était un petit rhinocéros, fait pour être regardé de près.
On le déposa dans une tombe, au sommet de Mapungubwe, avec un jeune adulte, un bol d'or, des perles d'or et des bracelets de fil d'or pour les bras et les chevilles. Des siècles plus tard, les gens de la vallée refusaient encore de montrer cette colline du doigt. Le bois, à l'intérieur du rhinocéros, a pourri. L'or est resté.
Le dernier jour de 1932, cinq hommes gravirent la colline, ouvrirent la tombe et partagèrent ce qu'ils y trouvèrent en cinq parts. Un professeur trouva ensuite la tête du rhinocéros chez l'un, la queue et les oreilles chez un autre, la croupe chez un troisième. Il fallut des décennies, et un restaurateur à Londres, pour rendre l'animal entier.
Les morts mirent plus longtemps à revenir. En novembre 2007, après quelque soixante-dix ans dans des collections universitaires, les gens de Mapungubwe furent ramenés et remis en terre. Le rhinocéros est resté derrière une vitre, loin de la tombe où il avait tenu compagnie aux morts.
Établi
- Le rhinocéros est fait de minces plaques d'or fixées par de minuscules clous d'or sur une âme, sans doute de bois, aujourd'hui disparue ; la queue et les oreilles, en or massif, étaient clouées à part (Fouché 1937, cité par Duffey 2012).
- Il provient d'une tombe du sommet de la colline de Mapungubwe, occupé pour la première fois vers 1200 de l'ère commune. La même tombe contenait un bol d'or, un diadème et une corne d'or, des perles d'or, des bracelets de fil d'or pour les bras et les chevilles, de nombreuses épingles d'or, des perles de verre, des anneaux de fer et des poteries (Duffey 2012).
- Le 31 décembre 1932, un groupe de cinq hommes, parmi lesquels E. A. J. van Graan et son fils Jerry, retira de l'or de la tombe et le partagea en cinq parts à peu près égales ; Jerry van Graan prévint Leo Fouché, de l'université de Pretoria, en février 1933 (Duffey 2012).
- Fouché raconta plus tard avoir trouvé la tête d'un rhinocéros chez l'un des hommes, la queue et les oreilles chez un autre, la croupe chez un troisième. L'université de Pretoria acheta les fragments à partir de 1933 (Duffey 2012).
- Vingt-sept tombes furent fouillées au sommet de la colline entre 1933 et 1940 ; trois seulement contenaient de l'or. De la personne de cette tombe, un jeune adulte, on n'a consigné que quelques fragments du crâne (Duffey 2012, d'après Steyn 2007).
- En 1937, Fouché nota que les habitants de la région refusaient jusqu'à montrer la colline du doigt, qu'ils tenaient pour consacrée aux « Grands » (Fouché 1937, cité par Duffey 2012 ; notre traduction).
- Le rhinocéros a été restauré en 1999 par le restaurateur principal des métaux du British Museum (dépôt numérique de l'université de Pretoria).
- Des restes humains de Mapungubwe conservés pour la recherche ont été remis lors d'une cérémonie à l'université de Pretoria le 29 octobre 2007, puis réinhumés à Mapungubwe du 18 au 20 novembre 2007, chaque squelette scellé dans son propre conteneur, sans prélèvement préalable pour des analyses destructives (South African History Online ; Keough, Nienaber et Steyn 2008).
Interprétation
Duffey soutient que le rhinocéros et les autres animaux d'or de la tombe étaient cloués sur une même coupe divinatoire de bois sculpté, aujourd'hui pourrie ; d'autres y voient un emblème du pouvoir royal. Steyn propose que cette « tombe d'or » ait été une sépulture secondaire. Comme la tombe fut creusée par ses découvreurs avant qu'aucun archéologue ne la voie, on ignore la position du corps et des objets, et qui était cette personne. Le rhinocéros n'a pas de datation directe : on le situe au XIIIe siècle par l'occupation du sommet. South African History Online compte 150 personnes réinhumées en 2007 ; les sources consultées ici ne disent pas si les restes de cette tombe en faisaient partie.
Et demain
Dans dix siècles, nous demandera-t-on la permission avant d'ouvrir nos tombes, et rendra-t-on ce qu'on y aura pris ?
Sources (5)
- Duffey, A. E. Mapungubwe: interpretation of the gold content of the Original Gold Burial M1, A620. Journal of African Archaeology 10 (2), 2012, p. 175-187. · repository.up.ac.za
- Steyn, M. The Mapungubwe gold graves revisited. South African Archaeological Bulletin 62 (186), 2007, p. 140-146. · repository.up.ac.za
- Keough, N., Nienaber, W. C., Steyn, M. Repatriation of the Mapungubwe human remains: an overview of the process and procedure. Poster, Faculty of Health Sciences, University of Pretoria, 2008. · repository.up.ac.za
- University of Pretoria repository. Visser, H. Mapungubwe Gold Rhinoceros, colour slide, 1998 (record noting its restoration by the British Museum's senior metals conservator in 1999). · repository.up.ac.za
- South African History Online. Reburial of Mapungubwe human remains, 18 to 20 November 2007. · www.sahistory.org.za


