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RH-0143MathématiquesSciencesAmériques

Le Codex de Dresde : huit scribes qui comptaient le ciel

Datation
de 1200 à 1500
Lieu
Péninsule du Yucatán, Mexique (lieu d'origine présumé) · Scribes et gardiens des jours mayas de la période postclassique, probablement du nord du Yucatán
Coordonnées
20° 42′ N · 89° 06′ W (approximatives)
Ce qu'il en reste
Fragmentaire

Ce fragment montre un objet tenu pour sacré.

Il est montré ici tel que le présente l'institution qui le conserve. Des communautés qui lui sont liées demandent qu'on le regarde avec égard. Vous pouvez choisir de voir l'image, ou lire la notice sans elle.

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Quatre pages hautes et étroites d'un livre maya plié, côte à côte, dont l'enduit clair est fendillé, taché et usé sur les bords. Chaque page est partagée par de fins traits rouges en bandes remplies de petits hiéroglyphes arrondis à l'encre noire et de rangées de nombres écrits en barres et en points noirs et rouges. De petits cadres contiennent des figures et des signes peints, et quelques plages de bleu subsistent en bas à droite.L'image n'a pas pu être chargée.Image non enregistrée sur cet appareilLa voir sur la notice d'origine

Image voilée par défaut

Dresden Codex (Codex Dresdensis), SLUB Dresden, Mscr.Dresd.R.310, public domain, via Wikimedia CommonsPDMNotice d'origine

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Note de l'archiviste

Au moins huit scribes ont peint ce livre, sous la conduite d'un maître qui connaissait le ciel. Nous ignorons leurs noms. Nous connaissons leurs mains : l'un a écrit plusieurs chapitres d'affilée, deux se sont partagé une page, un autre s'est arrêté en chemin.

Ils travaillaient sur une longue bande de papier d'écorce de figuier, pliée en accordéon et enduite de blanc. Quand un scribe se trompait, on grattait le blanc et on l'étalait de nouveau. En noir et en rouge, ils écrivaient les nombres en points et en barres, et là où un compte était vide, ils dessinaient un petit coquillage.

Avec ces nombres, ils suivaient Vénus quand elle se levait avant l'aube, et ils surveillaient le Soleil. Leur table annonçait, des mois et des années à l'avance, les jours où le Soleil pourrait s'éteindre, pour que l'obscurité ne vienne pas sans prévenir.

À la page 42, le contour des signes est tracé mais jamais rempli. Certaines pages sont restées blanches.

En 1562, un franciscain fit brûler les livres mayas qu'il put trouver. Celui-ci avait sans doute déjà traversé l'océan. Il est l'un des quatre qui demeurent, ses couleurs adoucies par l'eau qui l'atteignit à Dresde en 1945.

Établi

  • Le codex est une bande de papier d'écorce de figuier (hu'un) pliée en accordéon en 39 feuillets d'environ 20,5 sur 9,1 cm, peints recto verso ; monté sous verre depuis plus d'un siècle, il est conservé en deux parties longues de 182 et 174 cm (Bittinger et al. ; Grube).
  • Avant d'être peinte, chaque page recevait une couche blanche et lisse de carbonate de calcium ou de gypse ; une erreur se corrigeait en grattant cette couche pour l'appliquer à nouveau (Grube).
  • Les différences d'écriture montrent qu'au moins huit scribes y ont travaillé dans un atelier, sous la conduite d'un maître scribe expérimenté ; certaines pages ont été partagées entre deux scribes (Grube).
  • Le livre n'a jamais été achevé : des pages préparées sont restées vierges, et sur d'autres, comme la page 42, le scribe n'a tracé que le contour des hiéroglyphes, sans les traits fins de l'intérieur (Grube).
  • Les nombres s'écrivent avec des barres pour cinq, des points pour un et un coquillage stylisé pour zéro (Grube).
  • Un chapitre de cinq pages, dont la page 50, suit les positions de la planète Vénus et montre deux dieux de l'étoile du matin et l'une de leurs victimes (Grube).
  • Sa table des éclipses donne 69 dates de nouvelle lune sur une durée de 405 mois lunaires ; 55 d'entre elles devaient avertir des jours où une éclipse de Soleil pouvait se produire (Justeson et Lowry 2025).
  • Le 14 juillet 1562, le franciscain Diego de Landa fit brûler des livres mayas à Maní, au Yucatán ; le Codex de Dresde est l'un des quatre seuls livres mayas connus à avoir survécu (Grube).
  • En 1945, pendant la Seconde Guerre mondiale, un dégât des eaux a collé une partie de la couche peinte contre le verre ; la peinture est pulvérulente et présente des lacunes (Bittinger et al.).

Interprétation

La date du codex est discutée : des études anciennes le placent vers 1200 à 1250, de plus récentes au XIVe ou au XVe siècle, et les tables astronomiques qu'il recopie peuvent être plus anciennes que le livre lui-même (Justeson et Lowry 2025 situent la dernière station de la table des éclipses au plus tard vers 1148). Il pourrait être la copie ou la réédition d'un modèle perdu. Que des lecteurs aient suivi les colonnes avec des index sculptés en bois ou en os, comme le propose Grube, est une déduction raisonnable et non un fait consigné. Le chemin qui l'a conduit à Vienne, par les franciscains de Campeche et la cour de Charles Quint, est une reconstitution. Les sources divergent sur l'année de son acquisition pour Dresde, 1734 ou 1739.

Et demain

Dans mille ans, lesquels de nos calculs seront encore justes, et quelle page aurons-nous laissée inachevée ?

Sources (4)
  1. Grube, N. A 'priceless Mexican book written in hieroglyphs': the Dresden Codex. Artefact of the Month 23, Centre for the Study of Manuscript Cultures, University of Hamburg. · www.csmc.uni-hamburg.de
  2. Justeson, J., Lowry, J. The design and reconstructible history of the Mayan eclipse table of the Dresden Codex. Science Advances 11 (43), 2025, eadt9039. · doi.org
  3. Bittinger, C., Trautmann, A., Mayer, M., Banik, G. Codex Dresdensis: Zustandsbeschreibung, Aufbewahrungs- und Ausstellungsbedingungen, Transportkonzeption. Conservation study on the manuscript held by the SLUB Dresden (published online by Conservation OnLine). · cool.culturalheritage.org
  4. Sächsische Landesbibliothek, Staats- und Universitätsbibliothek Dresden (SLUB). Codex Dresdensis, Mscr.Dresd.R.310, digital collections (page not reachable when this fragment was written; cited from the shelfmark).

Image agrandie · RH-0143

Quatre pages hautes et étroites d'un livre maya plié, côte à côte, dont l'enduit clair est fendillé, taché et usé sur les bords. Chaque page est partagée par de fins traits rouges en bandes remplies de petits hiéroglyphes arrondis à l'encre noire et de rangées de nombres écrits en barres et en points noirs et rouges. De petits cadres contiennent des figures et des signes peints, et quelques plages de bleu subsistent en bas à droite.

Dresden Codex (Codex Dresdensis), SLUB Dresden, Mscr.Dresd.R.310, public domain, via Wikimedia CommonsPDMNotice d'origine